M.U.E. Matières Usées Expérimentées autour de la Rize – Collectif Ô-Tangible

M.U.E (matériaux.usés.expérimentés) est un projet pluridisciplinaire mené avec des scientifiques dans le cadre de la future restauration de la Rize ainsi que des habitant.es de Vaux-En-Velin en collaboration avec l’artiste plasticienne Tatiana Bailly avec qui nous formons le collectif Ô-Tangible.

Le dispositif de Rest’eau débat (ateliers participatifs réunissant habitantes et habitants, usagers et usagères, élus, décisionnaires, associations, afin de co-construire le projet de restauration de la Rize) nous a beaucoup inspiré. Les échanges entre scientifiques, habitantes et habitants, le croisement des savoirs, des mémoires et des perspectives font écho à notre manière de travailler au sein du collectif Ô-Tangible. Dans nos ateliers, nous partons d’une thématique comme prétexte à la rencontre, à la création et à la réflexion collective. Nous étions aussi curieuses de mieux comprendre le travail scientifique et de le confronter à nos pratiques. Puis il y a eu les rencontres : d’abord avec Malika et les formidables femmes de l’association Initiativ’Elles, puis avec Leïla et les femmes inspirantes de l’association Perles de Vaulx que nous avons eu la joie de découvrir lors d’un atelier improvisé. De ces échanges est née l’envie d’une expérimentation libre, faisant du territoire de la Rize un espace de partage, de création collective et de liens à tisser.

Comme dirait l’anthropologue Anna Tsing “pour apprécier un agencement, il faut être attentif aux manières d’exister séparément, et, en même temps, observer comment ces matières se tiennent les unes les autres“. Autrement dit, pour comprendre un collectif, il faut s’intéresser à chaque personne, chaque histoire, chaque élément, mais aussi aux rencontres et aux liens qui se tissent entre eux. Ce sont ces relations qui donnent du sens à l’ensemble. 

Finalement la Rize est un prétexte de réflexion commune : les eaux claires de cette rivière phréatique ont attiré les industries textiles, puis des ouvriers et ouvrières venus de divers horizons apportant avec eux leurs langues, leurs gestes, leurs souvenirs et leurs histoires.

À partir des créations réalisées et des échanges avec les habitant.e.s et les scientifiques autour du territoire, nous avons imaginé pour cette exposition un glossaire de géographie revisité, sensible et poétique. Les définitions ci-dessous en sont le récit direct des processus menés durant les quatre journées d’expérimentations de juin, comme la « balme migrante », où une valise devient le symbole de ces circulations, migrations et transmissions qui ont façonné le territoire, ou encore  «l’infiltration scientifique » qui propose une réinterprétation des courbes de température à partir de vêtements, comme symbole des relations entre identité, altérité, climat, corps et territoire.

Un grand merci aux financeurs : l’Université Lyon 2, le laboratoire CNRS UMR 5600 Environnement Ville et Société, Biodiversa+ avec le projet RiVIVE (thèse de Margaux), l’INRAE et la ZABR avec le projet Ripactiv (thèse d’Anaelle) qui ont permis la réalisation de ce beau projet pluridisciplinaire.

Merci également à Adam de l’association @association_surp_rize qui nous a généreusement accueilli à la Guinguette Favier.

BALME MIGRANTE

BALME MIGRANTE

[balm miɡʁɑ̃t] – nom féminin – du latin balma – un abri et migrae qui désigne changer d’abri, de cabane. Cavité peu profonde née d’un lent travail d’érosion, où se déposent des valises chargées de récits, de symboles de circulation et de mémoire. Façonnée à la fois par une rivière phréatique, ayant attiré des lavandières, des usines de viscose, et avec elle des vagues de travailleur·euses venu·es d’ailleurs, la balme désigne ici un territoire façonné par la migration. Construite par les participant·es au projet M.U.E., avec des Vaudais·es, des scientifiques et des artistes, elle est une caverne de souvenirs partagés, ouverte sur les mouvements passés, présents et à venir.

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CORRIDOR ÉCOLOGIQUE DES GREFFONS

CORRIDOR ÉCOLOGIQUE DES GREFFONS

[kɔʁidɔʁekɔlɔʒikdeɡʁɛfɔ̃] – nom masculin – du latin corridor oeconomia hybridus absolutus bizarrus. Passage dans le jardin de la guinguette Favier. Ce corridor permet la circulation d’objets d’origine humaine tels que des brosses à dents ou des ampoules, et naturelle (minéraux, végétaux), soigneusement hybridés par les participant·es au projet M.U.E., et totalement inspirés du savoir faire de la greffe végétale – aimablement expliquée et transmise par Claire NICOLA, jardinière- paysagiste de Vaulx-en-Velin . Ce passage est aussi emprunté par quelques visiteur·euses le 29 juin, venu·es contempler les créations, et devant parfois lever la tête pour mieux voir l’altérité dans la nature sur le territoire.

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FRAGMENTATION DES HABITATS EN RÉCITS

FRAGMENTATION DES HABITATS EN RÉCITS

[fʁaɡmɑ̃tasjɔ̃deabitaɑ̃ʁesi] – nom féminin du latin fragmentum domus racontario – Obstacles d’origine multiple installés et créés par les participant·es au projet M.U.E., freinant ou empêchant la libre circulation des visiteur·euses de l’exposition du 29 juin venu·es de Vaulx-en-Velin et d’ailleurs. Ces blocages modifient les écoulements de la Rize, le flux de ses sédiments et in fine ses habitats de proximité comme la guinguette Favier – habitat ayant pu être investi grâce à l’association Surp’Rize ayant généreusement accueilli le projet. Ces empreintes du territoire bordant la Rize ont été inspirées de la démarche scientifique et la posture d’Anaëlle Ghesquière, doctorante en sociologie.

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INFILTRATION SCIENTIFIQUE

INFILTRATION SCIENTIFIQUE

[ɛ̃filtʁasjɔ̃sjɑ̃tifik] Nom féminin – du latin participatus entousiastus. 1. Zone traversante issue de captations thermiques multiples récoltées avec soin par quelques participant·es au projet M.U.E. et par Margaux Pred’Homme, doctorante en géographie.
2. Courbes en 2D réalisées par Margaux Pred’Homme, s’exfiltrant poétiquement et textilement en 3D par l’intervention joyeuse des participant·es. Ces courbes racontent un territoire, un attachement qui se lit dans chaque regard posé sur son environnement proche. Elles évoquent une vérité simple : seul·e, on réalise de petites choses, mais ensemble, on démultiplie les possibles.

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PAYSAGES VAUDAIS INTERIEURS

PAYSAGES VAUDAIS INTERIEURS

[peizaʒɛ̃teʁjœʁ] Nom féminin – du latin laurus abouafus arpenteusus. 1. Espace d’exposition où sont installées des prises de vue provenant d’un travail sensible réalisé par la photographe Laure Abouaf, à l’occasion des expérimentations poético-scientifiques du projet M.U.E.. Lieu de monstration des gestes, rencontres et atmosphères, tissant une mémoire visuelle de cette expérience collective à travers un regard artistique, attentif et profondément humain. 2. Géographie humaine qui s’est construite autour de la guinguette Favier : les participant·es, leurs interactions avec le territoire, les moments de recherche, de création et de partage qui ont rythmé cette aventure collective.

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BANQUISE EXQUISE

BANQUISE EXQUISE

[bankizexqiz] Nom féminin – du scandinave pakis divinus. 1. Couche de glaçons déposée sous les yeux des visiteur·euses de l’exposition du 29 juin à la guinguette Favier, fabriquée par les participant·es au projet M.U.E., puis formée dans le congélateur généreusement prêté par Adam. 2. Expérience d’être le témoin direct d’un changement d’état de glaçons – expérience de transformation de l’état solide à l’état liquide avec l’enjeu de laisser une trace sur une feuille de papier et d’observer leur fonte inévitable, à laquelle on ne peut plus s’opposer.

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